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Comment j’ai apaisé mes relations avec mon ado…

Psycho

J’ai eu la chance d’avoir 3 enfants très désirés, très choyés, très cocoonés … 3 garçons. Les aînés ont 15 et 18 ans de différence avec leur petit frère, et ils ont quitté le foyer depuis longtemps. Il est clair que le petit dernier n’a pas tout à fait été élevé de la même  façon que ses aînés. Si j’ai conscience que les valeurs transmises majeures sont restées les mêmes, certaines ont évolué au fil de mon évolution personnelle et de nouveaux environnements amicaux, de vacances et de loisirs. La société a changé aussi : depuis l’enfance des aînés, dans les années 90, elle s’est à mes yeux considérablement durcie.
Bien sûr, il y a eu une incidence sur ma façon de l’élever mon petit troisième.

De la mère poule à la virago

Mère poule, je le suis par nature, rien n’a changé sur ce plan.
« Mets un pull, j’ai froid… » mon ado d’aujourd’hui connaît. Lui et ses copains me taquinent parfois à ce sujet. Le réveil brutal à l’heure tardive à laquelle il est supposé rentrer, (quand je dors!), est devenu une routine. C’est moi qui m’inquiète de ses retards, du planning de ses contrôles, lui rappelle ses rendez-vous médicaux ou autres.

Avec l’entrée dans l’adolescence et ses velléités d’indépendance, l’ambiance s’est crispée à la maison. En maman solo, je suis seule détentrice de l’autorité sous le toit, et en quelques mois, je n’ai plus reconnu mon enfant : l’enfant sage, appliqué et bon élève s’est métamorphosé. Sa chambre est devenue un capharnaüm, son aspiration à l’excellence s’est évaporée comme par magie, des notes moyennes sont arrivées sur les bulletins, et rien n’était alarmant. « T’inquiète, je gère ».
On a beau être un parent plutôt open, cohabitant avec un anxieux naturel – mea maxima culpa – il arrive un moment où la limite est atteinte : après X pertes de documents, pass Navigo, carte d’identité, carte Nickel… nécessitant de multiples démarches fastidieuses que j’ai dû assumer en raison de sa minorité, après des oublis à priori involontaires mais perturbateurs de la bonne marche familiale, le lit à faire, les vêtements sales à mettre à la machine à laver avant la venue de la femme de ménage, les documents à remettre à la vie scolaire et retrouvés en accordéon au fond des poches… ma patience a eu des limites et le ton a sérieusement monté, rencontrant une opposition toute aussi nette.

Le choix du lycée a été un autre « sujet » sur lequel j’ai dû céder, ainsi que l’abandon des études musicales. Ressentiment de mon côté, qui a dû se voir systématiquement sur mon visage à chaque fois qu’il abordait un sujet qu’il savait « touchy » : l’autorisation de sortir, des vacances déjà organisées avec ses copains.
Les frictions sont devenues nombreuses, les prises de bec régulières, et l’ambiance du foyer relativement tendue. En réaction, je ne le voyais pas beaucoup le week-end, qu’il passait avec sa bande, même pour faire ses devoirs.

La découverte de mon côté Parent Normatif, et de sa réponse d’Enfant Rebelle

A ce stade, la communication était à la limite du point zéro, chacun campé sur ses positions et la certitude de son bon droit.
C’est à ce moment que via ma formation en Relation d’aide, un outil m’a franchement aidée et il est tombé à pic.
Il s’appelle l’Analyse Transactionnelle.
Pour faire simple, le psychiatre Eric Berne, qui a mis au point cet outil, part du postulat qu’il existe en tout individu 3 « Etats du Moi » : l’Enfant, l’Adulte, le Parent. L’Enfant peut être Adapté, Soumis, Rebelle. Le Parent,Normatif ou Bienveillant.

Ce qu’il faut comprendre c’est que nous avons tous en nous ces 3 états, et qu’ils régulent nos communications avec les autres tout au long de la journée. Nous passons d’un état à l’autre sans même nous en rendre compte, dans le cadre d’une même conversation et cela, plusieurs fois par jour !

Découvrir l’outil et commencer à prendre conscience de mon état du Moi dominant a été d’une aide incroyable. J’ai intégré le fait que dans une grande partie de mes échanges, j’étais dans mon Moi Parent, et pas seulement avec mon fils. Parent Bienveillant relativement souvent, mais aussi Parent Normatif +++. Prête à conseiller, encourager, soutenir, mais aussi rapide à cadrer, à essayer d’imposer mes idées, ma façon de voir.

Evidemment, avec mon fils, les « il faut que », « fais comme ça », étaient nombreux, et rencontraient en réponse un Enfant Rebelle. D’où les dérapages fréquents, et le passage en ce que l’Analyse Transactionnelle nomme le « Triangle dramatique » : lorsque le Parent Normatif devient Persécuteur, et son interlocuteur Victime ou Persécuteur à son tour.
Dans tous les cas, très mauvais pour la communication !

La voie de l’apaisement...

Petit à petit j’ai changé ma façon de communiquer avec lui, en étant hyper attentive à ma tendance première : la crispation !

J’ai fait attention à mon attitude non-verbale en me rendant compte que je fronçais régulièrement les sourcils et pinçais les lèvres : la vision imprévue de mon image dans un miroir du salon m’a frappée.Comment, c’était moi cette mégère peu avenante, l’air de faire la gueule (et la faisant, par ailleurs…!), mâchoire crispée, dents  serrées, genre Lino Ventura à l’entraînement de foot dans « La gifle » ! (pour ceux de ma génération qui connaissent…)
En essayant de garder un visage neutre- à défaut de souriant – au premier accrochage, j’ai aussi acquis, avec la conscientisation de ma respiration (merci le yoga!) une forme de distanciation immédiate, en sentant l’énervement monter. « Du calme », me disais-je en for intérieur, et hop ! Une bonne respiration profonde. Pas de haussement de voix. Quitte à laisser passer quelques minutes pour ne pas démarrer au quart de tour et partir dans l’engrenage habituel.
Je me suis surprise à changer d’arguments, et surtout à ma manière de les présenter, en lui demandant son avis au lieu d’asséner mes « il faut que… », « tu devrais », en formulant plutôt « je pense que… » ou « voilà comment je vois la situation », ce qui a eu l’effet de modifier ses réactions. Au lieu de réagir en autoritaire, je le mettais sur un plan d’égalité en discutant avec lui comme avec un partenaire, engagé avec moi dans quelque chose à solutionner ensemble, comme un rassemblement de forces vives ! Il s’est très spontanément pris au jeu, avec une facilité déconcertante. A exposé aussi ses arguments à lui, plutôt fermement, mais calmement. Souvent, en évitant d’être braquée, j’étais plus attentive à ce qu’il exposait. Et je me suis rendu compte qu’il lui arrivait d’avoir raison, que sa logique était bonne, et mes arguments parfois insuffisamment justifiés. 
Quand la nouvelle annoncée n’était pas très bonne, au lieu de me transformer physiquement en la mégère mentionnée plus haut, j’essayais de garder un visage neutre. « Tu as raté ton devoir d’histoire ? Que s’est-il passé ? » avec un intérêt sincère, comme si je n’en avais aucune idée. Et d’ajouter « Tu as eu une très bonne note en Maths, cela va compenser pour ta moyenne, et si tu veux, une autre fois je peux te donner un coup de main pour le prochain devoir d’histoire ».Je m’étonnais moi-même d’endosser ce nouveau rôle avec autant de décontraction…!

Désamorcer toute engrenage vers le conflit, le plus souvent possible

Au début, je ne vous cache pas que ça n’est pas simple car on échappe difficilement à sa nature. Mais avec un peu d’entraînement, et au constat des effets collatéraux (pas de prise de bec, pas de haussement de ton, pas de crispation non plus en face), je me suis appliquée à essayer d’en faire un mode de communication permanent avec mon ado.

L’ambiance s’est considérablement normalisée et détendue. La serviabilité est revenue plus spontanément chez la partie adverse (bon, il faut encore demander beaucoup de choses mais grosso modo, ça roule. Je trouve même un repas prêt lorsque je le demande car je vais rentrer plus tard!).
J’ai retrouvé avec plaisir la gentillesse de l’enfant que j’avais connu. Ou plutôt, il a bien voulu me la montrer à nouveau… détente, et soulagement !
Bien sûr, il y a encore des petites montées en puissance, de façon régulière. Mais elles sont rapidement désamorcées. Hier soir, il en avait gros sur la patate, le lycée, la pression, etc… et mes arguments avaient l’air de l’agacer copieusement. C’est lui qui a monté le ton et a été un peu dur. J’ai fait comme si de rien n’était, au lieu de me révolter, (en Enfant Rebelle, cette fois !) et j’ai vaqué à mes occupations.
Au bout d’un temps, je l’ai vu arriver dans le salon, il s’est excusé : « j’étais fatigué »…
Je lui ai tendu les bras pour lui faire un bisou, j’ai eu droit à un câlin. Le premier depuis bien longtemps…
En résumé, l’Analyse Transactionnelle n’est pas miraculeuse, elle permet juste de prendre conscience de ces petits jeux psychologiques qui nous animent à l’insu de notre plein gré, et de la façon de débloquer des situations à priori insolubles. Cela vaut dans la cellule familiale comme dans les relations amicales, au travail, avec vos collègues, avec votre hiérarchie !
Commencez par vous observer dans certaines situations, conversations. Regardez où ça bloque et pourquoi. Qu’est-ce que vous auriez pu dire, plutôt, pour désamorcer le conflit, sans forcément perdre la face. Essayez de repérer les situations répétitives, et une fois, pour voir, testez une autre forme de réponse, plus neutre, celle qui ne vous ressemble pas à priori.

Vous serez surpris du résultat.

Pour en savoir plus et tester votre Etat du Moi dominant :

Un espace d’expression pour eux, une écoute, des conseils : Allo Ecoute Ados

Un site utile sur les problématiques ados : Parentado

Un espace d’écoute et d’accompagnement pour les familles : le Café de l’Ecole des Parents


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